Ne plus appartenir
- Naomi Monson

- 2 mai 2019
- 1 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 mai 2019
Se retrouver.
C'est cela qu'on dit, oui, lorsque de soi il s'agit.
Et pourtant, résonne, depuis assez longtemps, en moi, cette petite phrase, qu'elle m'a murmurée au creux de ses mots, au creux de sa sensibilité.
Au lieu de se retrouver, ne s'agit-il pas plutôt de se perdre, avait-elle écrit, Anne Dufourmantelle. Elle qui avait parlé du sacrifice, et de notre sauvagerie, aussi.
Au lieu de se retrouver, ne s'agit-il pas plutôt de s'autoriser à désarçonner ce que de soi on pensait inné? Se délier, se déplier, se faire, être autre pour être soi, véritablement, loin de l'image, loin de ce qu'il convient.
Ne plus convenir, justement. Ne plus appartenir, au passé, aux besoins, aux siens.
Et
lorsque tout ce qui nuit - à vous, à votre bébé (c'est à dire beaucoup), à votre famille - vient secouer vos fidélités, désarçonner ce qui de vous restait rangé,
Et
lorsque votre pensée, dissipée par des nuits trop courtes, des journées saccadées, un temps qui fait défaut, vous prie de rejoindre vos mots
voilà que je la ressens, subitement, intensément, cette condition
celle-là.
Celle dont on ridiculise les traits, les aspects
pour préserver je ne sais quelle fierté,
une faible volonté.
Cacher ce qui dé-range.
Casser cette puissance.



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