Peupler son coeur
- Naomi Monson

- 5 févr. 2019
- 2 min de lecture
Ah! Les amis.
D’abord, l’enfance.
Ceux qu’on a connus petits.
Encore aujourd’hui, ils hantent nos esprits.
Auprès d'eux, des fous-rires, des disputes et des cris.
Des pardons si mignons, et des regrets, aussi.
Tendresse et nostalgie.
Et puis, ceux pour la vie.
Là, pas là. Fâchés, ou pas. Pas toujours présents, mais fidèles dans le temps.
Au bout du chemin, vous les reconnaitrez, ceux dont les rides et les années n’ont rien empêché. Ils sont votre maison, votre clan, votre refuge.
Ceux qui vous aiment, que vous aimez. Auprès d’eux, rien à prouver.
Existent aussi, dans votre esprit, les absents.
Ceux que vous ne connaissez pas, pas vraiment. Ils vous habitent comme des images, sans temps, sans âge.
Leur voix, leurs yeux, le souvenir que vous avez d'eux,
vous font sentir mieux.
Viennent ensuite celles et ceux qu’on pensait aimer.
Sans crainte, nous leur dévoilions secrets et désirs, bêtises et rires.
Et puis, un jour, ils ont fini par vous haïr.
Vous vous êtes débattu de leur mépris : lettres, excuses, explications. Tout un amas d’émotions!
Vous luttez, vous criez, vous vous justifiez. Qu’ai-je fait ? En amitié, les colères n’a-t-on pas le droit de montrer, lorsqu’injustement on se sent traité ?
De haut ils vous ont regardé, folle ils vous ont trouvée.
Vous en gardez un goût amer, de vous vous avez tant donné.
Et combien de fois ne les avez-vous pas consolés !
Ça, un ami ? Tant pis !
Oh! Et puis eux, celles et ceux qui vous rendent heureux et léger.
En l’espace de quelques heures, ils vous entraînent de joies en pleurs.
Des êtres d’eux-mêmes décollés, qui aiment amuser. Humour, gaité, oisiveté !
Ils ne cherchent rien d’autre que cela : vous faire rire aux éclats.
Celui-ci, celle-là ? Coup de foudre immédiat !
Mais voilà, seulement pour quelques mois.
Beaux souvenirs, ma foi.
D’autres, au contraire, ont fini par vous plaire. Lors même que vos premiers moments n’avaient rien d’un roman.
Ah. Et celui-là. Alala.
Il vous laisse un drôle de sentiment.
Il ne vous en fallait pas tant !
Manipulation, perversion, séduction.
Mais, comment dire…euh. Non.
Que dire ensuite de celles et de ceux pour qui vous ne ressentez rien ?
Qui parlent un autre langage, chantent un autre refrain.
Aucune accointance, auprès d’eux rien d’intense.
Chaque jour, ils vous entourent dans une forme d’indifférence subie.
Face à elle, rester polie.
Des visages et des voix,
A respecter, ça va de soi.
Alors, le passé, le présent
peuplé de tous ces gens !
Et puis, aussi, parfois, ce sentiment.
Qui vous guète et vous donne envie de fuir, de tout quitter.
De soi, tout délaisser.
Plus que tout, certains, aimer.
Mais se sentir oubliée.
Ne pas en vouloir.
Juste avoir mal, et ne rien dire.
Respecter chaque liberté, devoir abandonner.



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